Le Grand-Orgue de Notre-Dame de Paris du temps de Léonce de Saint-Martin

Orgue NDP bdefL’orgue joué par L.de Saint-Martin, et avant lui par Louis Vierne, était celui construit par Cavaillé-Coll et mis  en place de 1866 à 1867. Joué pour la première fois à Noël 1867, il fut inauguré officiellement le vendredi 6 mars 1868 par César Franck, Camille Saint-Saëns, Clément Loret, Alexis Chauvet, Alexandre Guilmant et Charles-Marie Widor, enthousiasmés de cette réalisation. Seul Eugène Sergent (organiste titulaire de 1848 jusqu’à sa mort en 1900) restera sur sa réserve.

Jusqu’à la titularisation de Pierre Cochereau, il ne sera modifié qu’à deux reprises.

En 1904, à la demande de Louis Vierne, Charles Mutin, successeur de Cavaillé-Coll, remplace au Récit clarinette, quintaton et dulciane par diapason 8, octave 4 et fourniture IV, et y remplace également les basses acoustiques des bombardes et trompette par des basses réelles.

En 1932, selon les vœux de Vierne, Joseph Beuchet, ajoute au Pédalier un violoncelle 16 et un bourdon 8, au Grand-Chœur une flûte 8 et au Récit une cymbale. Au Positif, il remplace le piccolo par un nazard. Au Grand-Orgue, le clairon devient un soprano.

L’orgue ainsi complété et restauré est inauguré le vendredi 10 juin par Charles-Marie Widor et Louis Vierne. « Des fonds, des mixtures et des anches d’une beauté incomparable et d’un équilibre merveilleux, d’où résulte une rutilance de couleurs semblable à celles qui descendent des admirables rosaces » écrit L.de Saint-Martin dans le numéro d’août de la revue « La Petite Maîtrise ».

L’orgue ainsi constitué comportait 5 claviers manuels (56 n), un pédalier (30 n) et 90 jeux détaillés comme suit :

 

  1. Grand-orgue : Bourdon 16, Violon basse16, Bourdon 8, Flûte harmonique 8, Montre 8, Viole de Gambe  8, Octave 4, Prestant  4, Doublette 2, Fourniture harmonique, Cymbale harmonique, Basson 16, Basson  8, Soprano  4
  1. Positif : Bourdon 16, Montre 16, Bourdon 8, Flûte harmonique  8, Salicional  8, Unda Maris 8,  Flûte douce 4, Prestant 4, Nasard  2 2/3, Doublette 2, Plein Jeu harmonique, Clarinette basse 16, Cromorne  8, Clarinette aigüe  4
  1. Récit (expressif) : Quintaton 16,  Flûte traversière 8, Diapason  8, Viole de Gambe 8, Voix Céleste 8, Flûte octaviante 4, Octave  4, Quinte  2  2/3, Octavin 2, Fourniture  IV, Cymbale III, Cornet harmonique III-V, Bombarde 16, Trompette harmonique  8, Basson-Hautbois 8, Voix Humaine 8, Clairon 4
  1. Solo :  Soubasse 16,  Principal basse 16, Flûte harmonique  8, Principal  8,  Grosse Quinte 5 1/3,  Octave 4, Grosse Tierce 3  1/5,  Quinte 2 2/3, Grosse Septième  2 2/7, Doublette 2, Cornet II-V, Bombarde 16, Trompette 8, Clairon  4
  1. Grand-chœur : Bourdon 8, Flûte 8,  Principal 8, Prestant 4, Quinte 2 2/3, Doublette 2, Tierce 1 3/5, Larigot 1 1/3, Septième 1 1/7, Piccolo 1, Tuba magna 16, Trompette 8, Clairon 4

Pédalier : Principal basse  32, Soubasse 16, Contrebasse 16, Violoncelle 16, Bourdon 8, Flûte 8, Violoncelle 8, Octave 4, Grosse Quinte 10 2/3, Grosse Tierce 6 2/5, Grosse Quinte  5 1/3, Grosse Septième 4 4/7, Contre-bombarde 32, Bombarde 16, Basson 16, Trompette 8, Basson  8, Clairon 4

Tirasses G.O,  Positif et Récit,

6 Copulas dont Récit/Positif, 5 Octaves graves

7 appels d’Anches & Mixtures

Trémolo Récit, Expression Récit, Orage.

6 registres de combinaison (doublés de part et d’autre du clavier G.O.)

(Ces registres, conçus par Cavaillé-Coll, fonctionnaient de la façon suivante : pour rendre opérante une registration, on devait tirer puis repousser les registres de combinaison des claviers correspondants. On pouvait  alors préparer une autre registration, dont les jeux ne parlaient à leur tour qu’après que l’on ait effectué la même manœuvre.

Il ne faut donc pas confondre ces registres de combinaison, préfiguration lointaine des combinateurs actuels, avec des jeux de combinaison.

Pour que ce système n’oblige pas l’organiste à s’interrompre, un ou deux tireurs de jeux devaient intervenir. C’est toujours le cas à l’église Saint-Sulpice à Paris où ce système a été authentiquement conservé).

(These devices, invented by Cavaillé-Coll, functioned as follows : to make a selected registration operational the organist drew and then pushed back in the registre de combinaison drawstop for each division in use. This activated the selected registration and locked it in, allowing another registration to then be prepared which, in turn, did not become operational until the appropriate registres de combinaison were drawn once again.

These registres de combinaison, precursors of modern pistons, must not be confused with ventil controls activating the jeux de combinaison.

In order that the operation of this system did not interrupt a player’s performance, one or two registrants usually assisted. This is still the practice today at the church of Saint-Sulpice in Paris, where the system has been preserved as originally installed).

 

(Après recherches, de nombreuses éditions comportant des erreurs, cette composition a été établie par Christian Robert, titulaire émérite des orgues de la primatiale Saint-André de Bordeaux et auteur d’un « Traité de registration à l’orgue » préfacé par Jean Guillou . Cette composition est confirmée en tous points par celle qui figurait sur la pochette du premier enregistrement de Pierre Cochereau à Notre-Dame de Paris (Deuxième Symphonie de Louis Vierne chez L’Oiseau-Lyre)

(2 commentaires)

  1. Bonjour

    Existe-t-il des séries de photos de l’orgue (je veux dire de l’intérieur de l’orgue ; distribution des plans sonores, de jeux sur le plans (en situation, placement des étages, profondeur, postages alimentations, etc, etc…) ?

    Pourquoi ne trouve-t-on pas d’ouvrages sur le sujet à la librairie de l’édifice ?
    Quels secrets sont à cacher ?

    Merci

    Jean-Marie Meillier

    • jacques kauffmann on 27 mai 2016 at 11 h 26 min
    • Répondre

    Il est plaisant de constater que le récit possédaient fourbiture et cymbale qui furent « gardées » par Cochereau, mais supprimées dans une des restaurations ayant suivie la mort de Cochereau (souci de faire « authentique » par un retour au Cavaillé d’origine, le mot sacré ! ) puis rétablies lors de la toute dernière restauration. IL est possible que dans 20 ans « on » les enlève, pour les remettre dans 30 ans ! Voici un des « charmes » de la fantaisie des experts (ceux qui ne jouent jamais l’instrument, mais SAVENT tout ) !

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