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In memoriam

op. 33, Février 1941

19 mai 1940. Dans Paris occupé est organisée une cérémonie en hommage aux victimes des deux camps.

Dans le silence résonne la sonnerie « aux morts ». La dernière note à peine éteinte dans l’écho des voûtes, l’orgue amorce le sujet martial d’une fugue. Au travers des diverses entrées, on décèle des bribes de Marseillaise. Avec l’entrée progressive des anches, l’hymne national se déclare franchement.

Soudain, le rythme change. La forme fuguée est abandonnée. Trouble de brusques modulations, déchirement et dislocation du thème, déchaînement du tutti, vertige de trilles à tous les claviers. Violence de la guerre, débordement d’angoisse, montée de colère, martyre de la France.

Long accord, bref silence, et, tout doucement, sur les seuls fonds, réapparaît, allégé, le sujet. Le mouvement se fait plus vif. L’accompagnement de gammes rapides le rend presque allègre. Entrée progressive des anches. Crescendo d’espoir et voici la Marseillaise en majeur et en valeurs allongées sous la forme d’un large choral : confiance inexorable dans la renaissance de la Patrie. Quelques mesures de transition, ralentissement, et le tutti de l’orgue, renforcé de trois trompettes et trois trombones, entonne, majestueuse, triomphale, poignante, la Marseillaise.

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