Six pièces brèves

mars-avril 1926

Dans un geste de délicate déférence, chacune de ces six pièces pour harmonium ou orgue avec pédale ad libitum, est dédiée à l’un des organistes réputés de ces années, et plus particulièrement aux deux organistes auxquels Saint-Martin était le plus redevable, Vierne en tête, dédicataire du Prélude et symétriquement, Adolphe Marty, dédicataire du Final.

Le Prélude trace, dans un chromatisme exacerbé, la lente montée de son thème comme un effort douloureux, ou une supplication, puis son apaisement progressif.

Dédiée à Amédée de Vallombrosa, la délicieuse Pastorale fait dialoguer flûte 8 et hautbois, avec un intermède voix céleste.

L’Intermezzo est dédié à André Marchal, alors organiste de saint-Germain des Prés. Y jouent flûtes et nazard, gambe et octavin, entourant de courtes phrases méditatives sur montre-salicional et hautbois-cor de nuit.

L’Andante est dédié à Alexandre Cellier, qui signera en juillet 1937 un article acerbe contre la nomination de Saint-Martin à Notre-Dame. Le premier mode en si y oppose sa sereine gravité au chromatisme de la pièce précédente. Chaque réapparition du thème s’accompagne d’une légère variation, avant sa réapparition en si majeur.

Dans le Choral dédié à Joseph Bonnet, le dessin mélodique du thème très tonal est d’abord exposé avec un simple accompagnement à l’octave, puis il s’accentue progressivement, avant d’être réexposé dans un rythme élargi qui annonce le Final.

Celui-ci, très décoratif, reprend le thème de l’Andante et constitue une somptueuse sortie dans la tradition des grands finals symphoniques.

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