Points de vue sur les œuvres de Léonce de Saint-Martin

Sur un plan général

Exceptionnel ce disque l’est parce qu’il est à la fois un reportage et un hommage à un compositeur inconnu qui est un grand musicien. L’auteur de l’improvisation pour l’élévation est un « Grand Monsieur ».

R.Lyon (Guide du concert du 4 mai 1956)

Voici trois pièces, dont un Choral-Prélude bien venu sur Creator alme siderum, et un Scherzo de concert qui fait penser à Gigout.

Norbert Dufourcq (Revue L’Orgue de juillet 1958)

Il était bon que le souvenir de Léonce de Saint-Martin fut rappelé…Le programme a été choisi de manière à donner la plus juste, la plus magnifique idée de la valeur des œuvres.

René Dumesnil (Le Monde du 13 janvier 1967 à propos du disque Charlin AMS 90)

Voici des œuvres d’un grand intérêt…qui suffisent à prouver la richesse du style encore issu du bon « père Franck » dont les dignes successeurs ont largement tiré parti.

Pierrette Mari (Diapason de février 1968 à propos du disque Charlin AMS 101)

Nourri aux sources du romantisme et du postromantisme, L.de Saint-Martin ne peut pas ne pas être influencé par les maîtres de cette école, Franck, Widor, Vierne. Aussi n’est-il pas étonnant que l’originalité de sa musique qui n’est pas celle d’un maître, ne nous ait pas paru évidente.

J. Sachs (La revue du Son n°179, à propos du disque Charlin AMS 101)

Une grandeur épique, une méditation douloureuse.

P.Meunier (Télérama à propos du disque Charlin AMS 101)

Nous avons à faire à une musique très traditionnelle, d’une écriture sans surprise, fort habile d’ailleurs.

Davenson (Diapason n°113 de janvier 1967)

L.de Saint-Martin n’est connu que de quelques spécialistes. Il est pourtant l’auteur de pages véritablement inspirées et d’une incontestable richesse sonore.

A.Pinto (La Montagne du 15 janvier 1967)

Une œuvre mystique et sereine, passionnée et triomphante, un souffle de généreuse humanité où pénètre l’allégresse d’une esthétique sonore qui fait vibrer et tressaillir.

Ch.du Breuilh (La Croix de Toulouse)

L.de Saint-Martin est bien dans la lignée des tenants de l’orgue symphonique, avec la brillance, l’éclat et la somptuosité qui le caractérisent, lui et ses prédécesseurs. ..Dire que ces compositions atteignent à une réelle profondeur et par cela émeuvent, c’est une autre histoire. Mais ce climat brillant et parfois tonitruant étant admis, dans le genre on ne fait pas mieux.

J.H. (Revue des disques n°201 à propos du disque Charlin AMS 105)

Voilà un grand maître fort injustement oublié. Il faut remercier les disques Charlin d’enregistrer les œuvres monumentales et profondément religieuses d’un organiste modeste, fidèle, souvent incompris de son vivant.

Claude Olivier (La revue du son février 1972)

Ce CD nous permet d’apprécier un compositeur inspiré qui doit évidemment quelque chose à Vierne et Tournemire, mais ne manque pas d’originalité.

Jean Ferrard (Magazine de l’Orgue à propos du CD Marcal par Ch.Robert)

A l’écoute du disque « In Memoriam » en 1960, (j’avais 16 ans !) arrivé dans ma ville natale, j’avais été stupéfié par la beauté des improvisations et des compositions de ce remarquable maître de l’orgue. C’est un créateur inspiré de mélodies éloquentes et d’harmonies d’atmosphère mystique et spirituelle.

Pr Calimerio Soares, professeur de musique Federal University of Uberlandia Brésil (The Organ n°335 Février 2006)

Ce musicien, que les spécialistes ont longtemps considéré comme secondaire, se révèle à nous comme inspiré par ce lieu magique dont il fut le chef musical jusqu’en 1954.

Frédéric Munoz (Le Tuyau N°14 1er semestre 2007)

Ses œuvres, peut-être de qualité inégale ici ou là, sont cependant plus qu’égales à celles de maints compositeurs couramment joués aujourd’hui. Qu’elles soient presque totalement négligées est injuste et immérité. Il n’est jamais trop tard pour réparer l’injustice.

Anthony Hammond (Organists’review de septembre 2014)

Sur des œuvres en particulier

Messe en mi

La publication de la messe en mi me fournit l’occasion de rendre publiquement hommage à l’éminent musicien qu’est L.de Saint-Martin…Œuvre liturgique dans son esprit comme dans son architecture, décorative, c’est-à-dire conçue et réalisée à l’échelle de nos cathédrales et brossée comme une fresque grandiose.

R.Delestre (à l’occasion de l’édition de La Procure)

La messe de Léonce de Saint-Martin est incontestablement d’essence religieuse, spirituelle et liturgique, ce qui prend de nos jours un relief et une valeur tout particuliers. C’est une œuvre noble, même si elle glisse quelquefois vers un certain triomphalisme qu’entraînent presque obligatoirement les moyens employés.

J.M.Marcel (La Revue du Son à l’occasion du disque Charlin AMS 90)

Tout, des proportions superbement équilibrées et de l’apparat musical, répond ici à la destination liturgique de cette musique de cathédrale…ferveur éruptive et passionnée, toute de grandeur et de maîtrise.

Michel Roubinet (Diapason à l’occasion du CD Solstice SOCD 161)

Paraphrase du psaume 136

Vaste poème pour orgue symphonique, les quatre parties du psaume 136 forment une fresque haute en couleurs…mais demandent encore à l’orgue certains effets faciles et traditionnels pour rehausser une pensée quand même un peu courte.

Jean Gallois (Diapason de juin-juillet 1972)

Stèle pour un artiste défunt

Œuvre d’une intense émotion, admirablement construite pour le grand orgue de Notre-Dame, et tout imprégnée du souvenir que laisse Louis Vierne dans l’âme de ses élèves.

(Non signé L’Art Musical du 3 juin 1938)

Genèse

La construction étonne par ses reliefs saisissants où toute la technique de l’orgue dans sa forme grandiose semble avoir trouvé le maximum de ses ressources…Nous avons avec cette grande fresque pour orgue la plus authentique création d’une œuvre neuve, forte, et sortant délibérément des sentiers battus.

Eric Sarnette (Musique et radio de Janvier 1941)

Dieu lançant, à la Michel Ange, sa malédiction au premier couple coupable, une scène de cette Genèse, œuvre monumentale et un rien spectaculaire dont l’auteur pouvait attendre la consécration mondiale d’une tournée en Amérique.

José Bruyr (Paris-Bruxelles du 3 janvier 1945)

Passacaille

La Passacaille s’inscrit d’emblée comme une magnifique composition. C’est bien du bel orgue où dominent sobriété, intériorité, puissance imaginative. L’ampleur de la pièce tout entière se révèle à travers chacune de ses données : le thème, ses développements, mais aussi les oppositions de timbres, de plans.

Jean Gallois (Diapason de juin-juillet 1972)

La Passacaille et une œuvre puissante, solennelle et d’une remarquable ampleur.

Claude Olivier (Revue du Son de février 1972)

Choral-Prélude pour le temps de l’Avent

Le Choral-Prélude est une méditation où s’élève une intense spiritualité.

Pierrette Mari (Diapason à l’occasion du disque Charlin AMS 101)

In Memoriam

Minutes intenses en ce 8 mars à Notre-Dame, et cela par la volonté d’un grand artiste qui, le front haut, entraîné par sa noble inspiration, sut trouver le cœur des foules.

Jean Douel (L’Information Musicale du 21 mars 1941)

In Memoriam est du plein bois d’un arbre de race. Une musique forte aux accents généreusement répartis…L.de Saint-Martin connait ces secrets d’écriture qui ont comme résultat d’éviter la confusion sonore dans un aussi vaste vaisseau.

Eric Sarnette (Musique et Radio d’octobre 1941)

François MauriacLorsque, aux grandes orgues, la Marseillaise éclata, une Marseillaise pour les anges et pour les saints, transposée sur le plan de l’éternel, j’eus le sentiment profond d’une espérance universelle.

François Mauriac (Le Figaro du 9 mai 1945)

Page grandiose qui fait surgir la Marseillaise d’une longue méditation, endeuillée d’abord et comme blessée, triomphale et sereine dans le grand vaisseau de Notre-Dame de Paris.

José Bruyr (notice du disque Charlin AMS 90)

Je serai beaucoup plus sévère pour l’In Memoriam, pièce qu’on croirait composée sur les indications d’une association d’anciens combattants plus patriote que musicienne.

Henri Davenson (Diapason n°113 de janvier 1967)

Toccata de la Libération

Dans la Toccata de la Libération, enflammée de patriotisme et d’allégresse, l’enchaînement des dernières mesures est d’une puissance d’émotion difficilement surmontable.

R.Lyon (Guide du Concert du 4 mai 1956)

Symphonie Dominicale

L’Aria mérite l’attention. C’est une méditation grave, apaisée, à mi-voix, style improvisation pour l’Offertoire.

Henri Davenson (Diapason n°113 de janvier 1967)

Symphonie Mariale

Très proche de ses grands émules, Vierne, Widor et Tournemire, l’inspiration de Léonce de Saint-Martin est, dans la Symphonie Mariale, portée par un souffle encore romantique qu’il maîtrise à l’intérieur d’une architecture édifiée avec autant de méthode que d’ingéniosité.

Pierrette Mari (Diapason n°123 de février 1968)

La majesté qui émane de la Symphonie Mariale teintée d’une coloration particulière, où la finesse côtoie la grandeur.

Edith Weber (Le christianisme au XXème siècle à l’occasion du disque Charlin AMS 101)

Cantique Spirituel

Ses dernières œuvres, le Cantique Spirituel notamment, sont celles d’une pleine maturité. Un lyrisme, sans doute, mais pas le lyrisme facile d’un certain romantisme.

Marcel Dupré (Bulletin des Amis N°5-6)

Magnificat

Le Magnificat apparaît bien statique, non point que l’œuvre manque de sincérité, de noblesse, ni même d’allure, mais les effets en sont par trop prévus et semblent relever davantage de la rhétorique musicale que d’une véritable inspiration. ..Les interludes purement instrumentaux nous le prouvent d’ailleurs, car, dès qu’il pense  purement  «  orgue », Léonce de Saint-Martin retrouve sa vraie nature, et par là même sa liberté de pensée et d’écriture. Les plus beaux moments de ce Magnificat sont finalement ceux où les claviers font entendre leurs voix.

Jean Gallois (Diapason de juin-juillet 1972)

Voilà un grand maître fort injustement oublié…Le Magnificat peut être considéré comme son testament spirituel. C’est une composition d’une grande plénitude, une réalisation vigoureuse, mais profondément tendre et émouvante.

Claude Olivier (Revue du Son de février 1972)

Les pièces de Tournemire se dévident, proches encore de l’improvisation. Celles de L.de Saint-Martin aux proportions plus vastes, aux élans plus romantiques, et surtout le Magnificat, mériteraient de sortir plus souvent de l’ombre.

Non signé (Le Monde du 27 janvier 1972)

Nous marquons une préférence pour le Magnificat, pour ses qualités techniques et pour son élévation spirituelle…Majestueux et triomphant, allègre et vivant, les versets y ajoutent une teinte de fantaisie, d’ineffable douceur, de mélancolie mystique.

Claude de Breuilh (La Croix du Midi du 2 janvier 1972)

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